L’accueil de compagnies en résidence, un projet à dimension territoriale

 

Parce qu’il est Scène Conventionnée pour la danse par le Ministère de la Culture et le Département de la Seine-Saint-Denis et la ville de Tremblay-en-France, le Théâtre Louis Aragon est devenu au fil des années un pôle ressource pour les arts chorégraphiques. En 2008, le Théâtre a souhaité réinterroger son rapport aux artistes et au territoire à travers un nouveau dispositif d’accueil de compagnies en résidence : « Territoire(s) de la Danse ».

 

Chaque année, trois compagnies sont invitées « en résidence » à venir partager leur quotidien à travers leurs temps de création, la diffusion de leurs spectacles, et la transmission de leurs démarches artistiques : chacune propose alors un projet au long cours en complicité avec les habitants et avec les ressources des différents espaces traversés, comme autant de terrains de jeux à expérimenter. Il s’agit de faire résonner, sur une année, voire deux ou trois en fonction des nécessités de chaque projet, la parole artistique via la création, la diffusion et les actions avec le territoire.

 

L’art en tous lieux, à tout moment, à l’attention de chacun

 

La particularité des compagnies en résidence ?

Elles nous invitent à prendre le temps de s’arrêter, de regarder, de découvrir comment la danse peut secouer notre quotidien et nous relier les uns aux autres. Elles posent leurs valises pour partager des temps de vie, inventer de nouvelles formes de rencontres, occuper l’espace public, inviter à la pratique… Des présences singulières qui alimentent aussi bien les temps forts des quartiers que les moments intimes et familiers du quotidien.

Quartier libre quant à la forme : impromptus chorégraphiques dans la ville, ateliers de création, répétitions publiques, apéro-rencontre, conférences, danse-session… tout s’invente !

 

Les artistes en résidence aux « Territoire(s) de la Danse »

 

Depuis 2008, « Territoire(s) de la Danse » a permis à 20 compagnies d’expérimenter et de partager leur démarche sur notre territoire : la compagnie CFB 451 / Christian et François Ben Aïm, la compagnie Hors Série / Hamid Ben Mahi, la compagnie Kubilai Khan Investigations / Frank Micheletti, le collectif sud-africain Via Katlehong, la compagnie Beau Geste / Dominique Boivin, la compagnie PM / Philippe Ménard, la compagnie burkinabé salia nï seydou / Salia Sanou et Seydou Boro, la compagnie Herman Diephuis, la compagnie brésilienne Membros / Paulo Azevedo et Tais Vieira, l’Ensemble l’Abrupt / Alban Richard, la compagnie Traces / Raphaëlle Delaunay, la compagnie Chatha / Aïcha M’Barek et Hafiz Dhaou, Nathalie Béasse, et la compagnie S20 / Hiroaki Umeda, Ambra Senatore, la compagnie Mawguerite / Bernardo Montet, la compagnie par terre / Anne Nguyen, Amala Dianor, Michèle Noiret, l’association bi-p / Mickaël Phelippeau. 

 

Deux autres ont pu bénéficier d’un compagnonnage du Théâtre Louis Aragon : la compagnie Onstap / Hassan Razak et Mourad Bouhali, et la compagnie Mood / RV6K, compagnonnage pérenne.

 

Vers un « Territoire(s) de la Danse » commun et élargi

 

En 2011, le Théâtre Louis Aragon ajuste sa démarche et donne au projet « Territoire(s) de la Danse » un double mouvement :

 

// Un mouvement de développement accru sur ces multiples territoires, allant de l’urbain au rural.

Sur cette base est né le temps fort 3D Danse Dehors Dedans, une déambulation chorégraphique proposée par les trois compagnies en résidences dans les 3 villes de l’intercommunalité, en ouverture de saison.

 

// Un mouvement de « déterritorialisation » afin de faire rayonner le travail des compagnies en résidence bien au-delà, dans une visibilité nationale et internationale.

Dans cet esprit est née La belle scène saint-denis, démarche qui nous amène depuis 2011 à programmer les artistes en résidence au festival d’Avignon.

 

Les résidences au cœur d’un développement multipolaire

 

Au cœur des mutations de notre société, le Théâtre Louis Aragon s’interroge sur la façon d’inscrire un projet artistique en lien avec les différents acteurs du territoire, tout en affirmant sa singularité.

 

Fort d’expériences partenariales enrichissantes avec des structures culturelles comme le Cinéma Jacques Tati et l’Odéon – conservatoire de Tremblay, le Théâtre Louis Aragon souhaite aller plus avant dans la définition d’une dynamique commune mettant en jeu les singularités, savoir-faire et espaces des trois structures.

 

Il s’agit d’aller chercher des rapprochements dans des temps de programmation ou de résidence mêlant la danse, la musique, le cinéma, le cirque, les nouvelles technologies…